Le rasoir d'Occam, « les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité », renvoie en gros à la cohérence de nos actions à nos objectifs personnels et communautaires, et s'applique aussi à la sécurité informatique.
Par exemple, le blog de Ben Stokman (tor) téléverse pour chaque billet le fichier source et sa signature. Chat tes billets sont déjà authentifiés par un système de clé privée/clé publique, c'est ton service caché, tu n'as aucun tiers « de confiance » comme les serveurs DNS ou les serveurs d'autorité. Ça sert à quoi ?
Pire, ça promeut un usage « par principe » de l'informatique, de la sécurité informatique, ou des logiciels libres… Personne n'utilisera de logiciels libres si on ne leur explique pas en quoi leur caractère libre permet une plus grande cohérence de notre usage à nos objectifs personnels et communautaire. Des avocat·es et des médecins utilisent des logiciels libres comme Jitsi Meet pour avoir une garantie de confidentialité avec leurs client·es/patient·es. Ce n'est même pas suffisant avec la crypto quantique mais c'est la moindre des choses. OpenPGP permet dans certains contextes de chiffrer les emails avec un fichier local, ce qui ne peut sans doute pas résister à un État-nation mais peut résister à un employeur, et donc à des cas de répression syndicale, évidemment dans les cas où on ne peut pas directement utiliser Signal. Utiliser Signal, justement, au lieu de WhatsApp est une question de respect et de décence envers les victimes de la maltraitance numérique, qui est une violence domestique, et protège nos enfants en refusant de dédiaboliser Facebook.
Évidemment, simplement dire « je suis un·e libriste » et refuser d'utiliser des logiciels propriétaires n'amènera pas nos communautés à utiliser des logiciels libres, qui ne sont même pas toujours le critère déterminant pour le développement et le soin de nos communautés (Vaut-il mieux utiliser Signal, qui intègre des blobs propriétaires pour l'anti-spam, ou XMPP, un système fédéré 100 % libre mais dont la gestion des appels dépend de la configuration de chaque serveur impliqué (ce qui signifie que forcément, nos contacts un jour ne seront pas capables d'avoir une réunion dans l'un ou l'autre de leurs collectifs, retourneront vers WhatsApp, et phénomène de foule oblige y resteront car « ça marche ») ?)