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Océane @oceane@peculiar.florist
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« Lorsqu'un site web vous dit qui il est pour la première fois, croyez-le »

xn--ocane-csa.fr/lorsquun-site-web-vous-dit-ce-quil-est-pour-la-premiere-fois-croyez-le

@france
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glad_cat @glad_cat@lemmy.sdf.org
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Je vais être honnête, je n’ai rien compris. Ça parle de quoi en fait ?
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Océane @oceane@peculiar.florist
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@glad_cat Ça veut dire que :

1. Lorsque dans une relation hétérosexuelle un homme nous dit qui il est pour la première fois, on doit le croire. Par exemple, si après quelques semaines de relation un homme consacre deux heures à sa passion alors qu'on a une activité de famille à faire, comme par exemple, faire un
date, alors il aura le même comportement, de manière durable, quand il faudra aller chercher les enfants à l'école.
2. Certains sites web très fréquentés, comme Facebook et Twitter, résultent de décisions prises par des hommes. Lorsque ces décisions montrent un intérêt particulier pour l'argent, en établissant une relation domestique (médiatisée
via l'internet et nos ordinateurs, et automatisée par leurs serveurs), et que cela nous empêche de vivre correctement, le site web nous montre ce qu'il est vraiment. Il faut le croire dès la première fois.
3. À peu près tout le monde, sauf les enfants « de bonne famille », a un rapport compliqué à l'institution scolaire – Bourdieu a justement montré que l'astuce consistait en ce que les « bonnes familles » étaient précisément celles qui fournissaient du capital culturel à l'enfant dès sa naissance, qui lui donnaient une avance considérable dans la course scolaire aux titres. L'institution scolaire semble même conçue pour entretenir ce rapport, et dans son cadre les enfants s'accrochent pour « percer les mystères » de savoir insuffisants en propre, je pense par exemple aux programmes d'histoire qui évitent soigneusement de mentionner la lutte des classes, ce qui fait que les théories de Marx sont paradoxalement du capital culturel, mais bref, ce qui les pousse à « s'accrocher » dans une relation (avec les matériaux scolaires) qui leur fait du mal.
4. C'est un peu compliqué mais je pense que les relations d'emprise, notamment avec des hommes, sont du même type ; on a des personnes qui s'accrochent dans des relations toxiques et qui se cherchent des prétextes du type « on s'aime » alors qu'elles leur font de toute évidence du mal.
5. Je pense que les sites web comme les matériaux éducatifs devraient être immédiatement attractifs et accessibles. Je pense qu'inciter des élèves à « percer les mystères » d'un manuel scolaire tout à fait médiocre, mais supposé détenir les clés de leur réussite scolaire, les incite à en faire de même concernant des sites web comme Facebook et Twitter, mais aussi concernant des relations toxiques, voire d'emprise, avec leurs conjoint·es.
6. Je pense aussi que la culture qui « se vend toute seule » s'inscrit dans de telles relations de bonne volonté culturelle, où les enfants font semblant d'aimer lire, par exemple, Mortelle Adelle, Le journal d'un dégonflé, ou Astrapi, pour « fai[re] plaisir à mamie », ce qui prépare et normalise toutes les relations dont je parle ci-dessus.
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Snoopy @Snoopy@jlai.lu
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Là je rejoins plutot glad_cat. Apres peut-etre que tes arguments sont sortie de leur contexte ce qui donne une version binaire.


J’ai des amies lesbiennes qui m’ont raconté leur relation toxique par exemple. Après, je connais pas l’échelle. Et donc c’est là qu’on utilise des études statistiques.


Peut-etre que tu peux prévoir un corpus de texte leger qui fait une synthèse et permettent au lectorat d’avoir un pied sur l’étrier avant de lire l’article.


Après tu fais peut-être un résumé mais tel que c’est écrit c’est ce qui en ressort. je pourrais ressortir le mariage pour tous, sarah palin, marine le pen, magaret tacher…


Les arguments sont valables pour n’importe qui.
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Océane @oceane@peculiar.florist
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@Snoopy Oui je suis d'accord, mais là c'était une femme qui disait ça à d'autres femmes à propos d'hommes.

Je ne prétends absolument pas que les femmes ne pourraient pas être toxiques. Je ne prétends absolument pas que les hommes ne pourraient pas être victimes de violences conjugales ni que le fait que l'on parle de ces situations ne serait pas une grande avancée.

Je prétends juste qu'il y a des rôles de genre et que les femmes sont plus souvent victimes de violences conjugales que les hommes, et que cette citation s'adresse aux femmes, ni plus ni moins.

J'aurais sincèrement préféré parler de « personnes » plutôt que d'hommes. Le fait que les récènes capitalistes soient quasiment exclusivement dirigés par des hommes, ainsi que le caractère domestique de la relation de maltraitance entre les ayants-droit de Facebook ou Twitter et leurs victimes, m'amène à faire un parallèle entre les violences domestiques que font subir certains hommes dans le cadre de leurs rôles de genre et en particulier dans le cas assez rare où ces hommes sont des prédateurs (et pas simplement de pauvres types), et l'addiction à Facebook et à Twitter que je considère comme une violence domestique, automatisée par des ordinateurs. Le parallèle consiste en ce que dans les deux situations, leurs victimes se retrouvent dans une situation où elle veulent « persévérer », réparer leur prédateur dans le premier cas, percer les mystères du récène dans le second, bref mériter de cesser être victimes de violences, conscientes dans le premier cas, inconscientes, mais faisant l'objet d'un manque clairement perçu, dans le second (la différence tenant dans le fait que sur un récène capitaliste, les victimes confondent le soulagement d'avoir des interactions à peu près normales avec la sacralité de membres d'une société jouissant d'une solidarité inconditionnelle, comme les normalien·nes, que certain·es défendront bec et ongles pour défendre leur propre conception du sacré). Mon argument est donc que dans les deux situations, il ne faut pas persévérer, notamment car un document doit être immédiatement attractif et accessible.

Des intellectuel·les aussi brillant·es que Pierre Bourdieu, à leurs corps défendants, ont défendu cet aspect des documents qu'iels produisaient, par exemple dans /« La sociologie est un sport de combat »/, où il se justifiait d'écrire dans une langue hermétique en considérant qu'il était de la responsabilité des pauvres d'apprendre à lire ses livres (il faisait ainsi du Bourdieu contre Bourdieu, puisque ses travaux
consistent à démontrer le contraire). Il était un peu pris au dépourvu et sur la défensive.

L'internet permet au peuple de produire des documents textuels, mais aussi audio et vidéo, et donc de rendre les travaux d'intellectuel·les comme Pierre Bourdieu plus accessibles. L'ENS a une politique de démocratisation de la connaissance, notamment avec
persee.fr, avec des podcasts, etc.

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Océane @oceane@peculiar.florist
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@Snoopy Mais je ne veux pas dire que Bourdieu aurait tort d'écrire des textes dans un style qui se veut héritier de Proust. Ce que je veux dire est que culpabiliser ses lectaires à lire des documents qui leur sont inaccessibles, qu'il s'agisse de l'institution scolaire, de la sociologie, ou des récènes, est un red flag, surtout à une ère d'abondance en matériaux, une ère où les appareils que nous utilisons pour consommer des contenus nous permettent aussi de les produire. J'ose un parallèle avec les violences conjugales dans la mesure où l'acte de considérer devoir mériter ne plus être victime de violences – en « changeant » saon conjoint·e, ou en utilisant le microblog « correctement » – c'est-à-dire en se constituant le capital culturel qu'il est conçu pour nous empêcher de constituer – est un comportement fréquent chez les victimes de violences domestiques, y compris sous l'influence de l'institution scolaire et de la violence de classe qu'elle occasionne.

Je suis bien placée pour savoir que les femmes peuvent être manipulatrices et abusives car mon ancien coloc a été victime d'une manipulatrice, une femme hideuse, qui encore enceinte assumait de vouloir utiliser son futur enfant – qu'on ne lui avait pas encore retiré – pour gagner de l'argent. Je ne veux pas nier cet aspect, je veux simplement m'appuyer sur le fait que la citation originale est genrée – à raison – et que la direction des récènes capitalistes est aussi genrée. À titre de comparaison
Bonfire est co-porté par une personne non-binaire, de même que pour Pleroma, dont la cheffe de sécurité était par ailleurs Ariadne Conill ; il me semble que des minorités de genre sont aussi impliquées dans le développement de Firefish. C'est vraiment pour cette raison que j'insiste sur la socialisation masculine. C'est vraiment un argument périphérique, que je devrais prendre le temps de démontrer (mais je n'ai pas la biblio sous la main pour ça), mais qui permet juste de souligner ce parallèle entre violences conjugales et addiction aux récènes capitalistes comme violence domestique.

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Océane @oceane@peculiar.florist
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@Snoopy Merci pour tes retours, je modifierai ce billet pour en tenir compte, quand j'aurai le temps.
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