Politique, abaya (2/3)
Un autre objectif est évidemment d'entretenir une culture de méfiance des un·es envers les autres, afin de :
1. maintenir une ségrégation raciale, isoler la minorité raciale arabe des blanc·hes mais aussi sans doute des autres catégories ethno-raciales, sous une forme de déshonneur par association,
2. porter atteinte à notre solidarité, dans tous les sens du terme : quotidienne, sous la forme de la courtoisie et du dialogue les plus élémentaires, et politique, de classe, et
3. entretenir l'idée que la démocratie, la communauté, l'État (qui dans cette représentation se confondent) serait une forme de répression collective des pulsions naturellement et ontologiquement anti-communautaires des êtres humains, alors qu'à l'inverse la démocratie repose sur notre confiance mutuelle pour prendre de bonnes décisions (si la plupart de nos décisions sont bonnes, alors la plupart des votes dans une décision collective sont censés être bons).
Politique, abaya (3/3)
L'oppression ethno-raciale et en même temps de classe n'est pas une forme parmi d'autres que pourrait prendre un « contrefeu », c'est à mon humble avis au contraire l'usage des médias bourgeois pour racialiser une partie de notre population afin de pouvoir mieux l'exploiter dans des fonctions subalternes, qui a aussi pour avantage de servir de contrefeu. Nous subissons une même agression et les différences entre une lycéenne musulmane, un ouvrier « blanc » dont la famille a immigré au XIXe siècle, et même un porc en élevage intensif ne sont pour un bourgeois que logistiques. Ne tombons pas dans le piège de nous hiérarchiser selon les méthodes utilisées pour nous exploiter.