Cette opinion ne va pas plaire à un certain nombre de libristes (1/3)
J'ai installé Ubuntu en 2013, j'ai encore le CD de la version 12.04 (j'espérais alors pouvoir l'installer sur l'ordinateur de ma mère). Je consacre une bonne partie de mon blog aux enjeux des logiciels libres, y compris à la souffrance dans laquelle se trouvent de nombreux·ses libristes, en particulier dans ce billet. J'ai récemment écrit celui-ci encourageant mes abonné·es à essayer Linux et celui-là qui critique de manière assez claire le réseau Matrix.Mais je pense qu'il y a un aspect assez choquant dans le traitement que de nombreux·ses libristes font de l'implémentation de DRM dans Chrome, visant à empêcher la consultation de sites web affichant des publicités avec un bloqueur de publicités. Oui, cette agression est particulièrement choquante, et il faut lutter contre ; oui, je pense qu'il vaudrait mieux monter des collectifs et produire des matériaux de propagande, et je suis critique du rôle du microblog et plus généralement des réseaux sociaux numériques dans la réponse individualiste et ignorante qu'un certain nombre de libristes a fait, qui est de répondre à des gens ici et là en leur disant d'installer Firefox. Je ne pense pas qu'il soit pertinent de critiquer des hommes pour leur mansplaining sur une plateforme de communication qui en fait un problème systémique, au sens où sur cette forme de microblog, une publication, un message, une réponse, et un commentaire sont le même type d'objet et permettent de faire les mêmes choses, alors que ce sont des contextes de communication très différents. Répondre à une publication dans un format qui est à la fois celui d'un message (au sens d'IRC) et d'une autre publication ne peut que brouiller les pistes de manière assez dramatique et encourager au mansplaining, phénomène dont les protagonistes me semblent être les premières victimes, notamment sur un plan culturel et cognitif.
Mais je suis tout de même choquée de voir des libristes qui se fichent de l'état des logiciels libres sur des systèmes d'exploitation propriétaires, alors que leurs entreprises, comme Facebook et Twitter, font tout pour maintenir une emprise sur leurs utilisataires/victimes (l'oligopole sur les emails m'a l'air d'être un bon exemple), ne se mobiliser que lorsque leurs propres environnements numériques (par exemple Firefox sur Ubuntu) sont impactés. Si ce problème n'avait concerné que les utilisataires de Google Chrome, on aurait peut-être partagé des publications de Techdirt ou Techmeme et on serait passé à autre chose.