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Desmu georges_saucisse @desmu@mastodon.desmu.fr
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Ces derniers mois, je trouve qu'il y a un questionnement supplémentaire qui s'est développé vis-à-vis du logiciel libre et qu'il pourrait être intéressant de souligner auprès d'un public moins sensibilisé au sujet :

"En n'utilisant pas ce logiciel libre, dans quelle mesure j'empêche les autres de s'en servir également, et donc dans quelle mesure je les empêche de lutter pour un écosystème numérique plus sain ?"

(Je vais le faire en plusieurs posts parce que c'est tendax comme formulation.)
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Desmu georges_saucisse @desmu@mastodon.desmu.fr
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Le librisme c'est resté à juste titre une cause mineure au fil des années, et les gens restant sur Windows / Microsoft Office / Chrome ont jamais empêché ceux voulant d'aller sur Linux / LibreOffice / Firefox de le faire (moyennant des soucis de mise en page en partageant un doc MO à un utilisateur LO, mais ça c'est un problème reconnu par tout le monde).

Au contraire, on avait plutôt des libristes chiants qui bashaient les non-libristes de pas franchir le cap, avec des arguments discutables.
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Desmu georges_saucisse @desmu@mastodon.desmu.fr
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Avec les réseaux sociaux et les messageries instantanées, c'est pas pareil. Ce sont des apps dont le but est de communiquer avec d'autres personnes.

Si vous ne voulez plus utiliser Twitter/Discord pour communiquer avec les autres et privilégier Mastodon/Matrix, c'est impossible tant que vous n'avez pas converti tous vos contacts à ces plates-formes.

Mais inversement, en refusant d'utiliser Mastodon/Matrix, on empêche ses contacts qui voudraient ne plus se servir de Twitter/Discord de partir.
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Desmu georges_saucisse @desmu@mastodon.desmu.fr
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Et c'est en ça que c'est une question compliquée, parce que c'est un argument factuellement vrai, mais qu'il est impossible d'invoquer sans aussi invoquer une forme de culpabilisation.

Mal formuler cet argument c'est prendre le risque de braquer la personne à juste titre, en faisant son libriste relou standard.

Sauf que jusqu'à présent, ignorer un libriste relou ne l'empêchait pas d'utiliser ses logiciels de libriste relou pour lui.
Mais ça marche pas pour les "apps sociales".
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Desmu georges_saucisse @desmu@mastodon.desmu.fr
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Tout ça pour dire que je réfléchis à cet argument depuis un paquet de temps, je sens qu'il aurait une place à trouver dans un argumentaire plus large, mais j'arrive toujours pas à l'invoquer, parce qu'il mérite une forme de réflexion que j'ai encore rarement vu passer ailleurs, et une formulation qui soit la plus diplomate possible pour ne pas que ça passe pour une obligation au final.
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🐶 @Coco__Lasticot@mastodon.xyz
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@desmu ça me fait un peut penser au masque au final : "les personnes à risque n'ont qu'à porter un masque je ne les empêche pas !"
"oui mais si tu ne fais rien de ton côté leurs masques sont bcp moins efficaces..."
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🐶 @Coco__Lasticot@mastodon.xyz
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@desmu (parallèle pété bien sûr, je ne compare pas les risques sanitaires aux pb que rencontrent les libristes hein ToT)
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Océane @oceane@peculiar.florist
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@Coco__Lasticot @desmu D'expérience la stratégie qui marche (un peu) est (1) d'utiliser aussi des logiciels propriétaires, (2) de collaborer, de travailler avec les gens, de participer aux conversations (sans être relou), (3) de demander d'utiliser des alternatives libres qui marchent et qui ne requièrent pas d'apprentissage, ou alors qui marchent bien mieux que les standards de facto propriétaires, sans être relou si les collègues/potes/membres de la famille veulent rester sur leur logiciel propriétaire.

On risque donc de se retrouver dans une situation où des utilisataires de logiciels propriétaires peuvent défendre leur truc de manière reloue, avec des arguments pétés, et si on fait pas de CNV on est cuit·e (ça peut même être une technique pour discréditer les libristes).

Évidemment ça c'est en partant du principe que les libristes soient capables de politiser les logiciels libres (du point de vue du droit aux correspondances privées, de la décroissance,
etc.) donc sans les déconnecter des autres luttes sociales (c'est-à-dire sans rejeter les concepts courants dans les autres luttes sociales, comme la convergence des luttes, etc.) et sans présenter l'usage d'un logiciel libre comme un engagement duquel les écarts feront les objets d'un jugement communautaire, certaines orgas libristes comme la FSF considérant comme « radical » le fait d'imposer son sens moral à son audience et de vouloir faire des choix pour elles, au lieu d'avoir un simple rôle d'information à partir de lignes politiques claires.
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