Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
Politique, réflexion de fond sur les médias de masse (et sur leur rapport aux récènes et aux jeux vidéo)Tout ça est bien évidemment à mettre en lien avec le fait que l'on a ici les mêmes affordances d'approbation pour les publications que pour les commentaires, et donc qu'une personne accro à ces affordances ira les chercher dans ses formes les moins coûteuses, c'est-à-dire quasiment exclusivement en commentant (cf. par exemple le groupe Facebook « Neurchi de Red »).
Des populations sont plus vulnérables à une telle addiction, en particulier celles qui peuvent être en quête de réconfort, notamment mineures, et notamment lorsqu'elles sont déjà oppressées (à l'école ou à la maison) et notamment lorsqu'elles sont confrontées à un plafond de verre (en raison de leur genre, de leur racialisation, de leur handicap, de la PCS des parents, etc.).
Il y a eu une promotion des récènes dans les années 10 articulée à une énorme campagne de diffamation des jeux vidéo, qui sont une forme d'art populaire, afin de nous dévier (avec succès) d'une ère de massification de l'internet libre, le nôtre, et donc de développement de nos communautés, marquée par des communautés locales, au niveau de la classe, autour des jeux vidéo, ainsi que par la prise en main des blogs, par exemple de Tumblr, pour publier à leur sujet ; plus généralement cette ère serait marquée par un développement d'une culture du blog, dont la publication serait toujours à l'intention d'une communauté X ou Y (et donc, in fine, toujours une forme délicate de militantisme).
Politique, réflexion de fond sur les médias de masseMon travail n'a jamais concerné que l'organisation de notre médiocrité, comme les médias de masse ne sont pas seulement marqués par des intentions hostiles en interne (apologies évidentes du colonialisme dans « La petite histoire de France ») mais aussi par une médiocrité organisée.
Comment y parvenir ? En encourageant les journalistes à faire absolument toutes les mauvaises pratiques professionnelles possibles. En encourageant :
– la cooptation et le copinage (la nièce d'untel en stage va faire un reportage de 10 minutes), – les publications sponsorisées pas très discrètement, – les pots-de-vin, le lobbying (ce sont des copains de toute façon, on organise ça à tous les étages), etc.
Dans l'épistémologie on a bien évidemment la question de l'apport d'éléments de preuve et Marie Peltier apporte des éléments de preuve, donc on ne peut pas la disqualifier pour ça (contrairement, par exemple, à un Acermendax dénigrant tou·tes celleux qui font mieux que lui).
Ça s'appelle, roulements de tambours, la recherche citoyenne. C'est une forme totalement reconnue et légitime de recherche, les chercheur·euses rattaché·es à une institution quelconque (une UFR, un laboratoire…) reconnaissent les travaux de citoyen·nes-chercheur·euses et s'iels doivent d'abord, comme pour toute autre forme de recherche en fait, en délimiter la portée et en éprouver la solidité, iels s'appuient sur leurs travaux comme iels le feraient sur ceux d'un·e chercheur·euse au CNRS par exemple.
Je ne pense pas que cette forme spécifique de recherche prendrait physiquement autant de place dans un livre que celle d'un Bernard Lahire par exemple, mais ça ne rend pas cette recherche moins pertinente ou moins légitime, seulement plus simple (à la suite, en sociologie, d'un Raymond Boudon, grand défenseur du rasoir d'Occam) et donc paradoxalement plus accessible au grand public.
Marie Peltier n'aurait pas le droit, par exemple, de s'arroger le titre de maîtresse de conférences ou de professeure d'histoire, et ce n'est pas ce que les journalistes disent d'elle. Iels disent qu'elle fait de la recherche. Elle fait de la recherche.
Faire de la recherche, c'est organiser une partie de sa vie autour de la conceptualisation de phénomènes propres à une discipline, en se basant sur son épistémologie (sa théorie de la connaissance) et sur ses méthodes et ses outils.
Conceptualiser, comme je l'ai déjà écrit, c'est tout simplement ajouter à l'état de l'art la démonstration d'en quoi des phénomènes peuvent être liés et solidaires, animés par une logique sous-jacente, alors qu'ils ne le semblaient pas de prime abord.
Si tu as un blog, tu peux faire de la recherche. Si tu es enseignante dans le secondaire, tu peux faire de la recherche. Si tu écris des livres, tu peux faire de la recherche.
Ce qu'il te faut, c'est :
1. une discipline, 2. une épistémologie, et 3. une méthode et des outils.
Tu peux être influenceuse Instagram et faire de la recherche, pourvu que tu publies quelque part quelque chose qui n'était jusque-là pas dans l'état de l'art.
Au fait : Marie Peltier fait de la recherche, sans attache institutionnelle visiblement, mais elle est chercheuse, et les personnes qui l'attaquent sur ce titre qu'elle n'a jamais revendiqué, seulement accepté pour ne pas froisser des journalistes, n'ont au mieux aucune compréhension du sujet. Si ce n'est pas autoritaire, misogyne, et proche de l'extrême-droite, c'est au moins ridicule.
En vrai, $25/an pour Ubuntu Pro sur son propre ordinateur, sans support technique, c'est honnête. ubuntu.com/pricing/pro
Et pour $300/an honnêtement… Je ne sais même pas ce qu'Ubuntu Pro propose, mais je testerais ça bien volontiers ; je suis sûre qu'il y a un marché pour des vieux prêts à payer $300/an pour un support téléphonique de qualité avec un système d'exploitation libre.
C'est principalement dû au fait que la philosophie Unix implique que la plupart des outils spécialisés ne fassent qu'une seule chose, mais la fassent bien, donc étudier le fonctionnement d'un outil isolé ne permet pas d'avoir une vue d'ensemble ou de travailler efficacement.
Donc il faut lire de la documentation plus en profondeur, avec des livres. Sinon, comme 65 % des développeur·euses interrogé·es par un sondage de Canonical, vous ne saurez jamais vraiment ce que vous ferez.
Pro tip, un projet informatique en autodidacte ça se prépare, et pas seulement en lisant de la doc ou des pages de manuel (qui ne sont, même dans le cas de l'excellente documentation OpenBSD, que de la documentation d'appoint).
Je suis fatiguée et logiquement j'ai envie de me réconforter comme je peux. J'en suis à mon deuxième café et je crois que je vais m'acheter un sachet de thé du Louvre au Palais des Thés.
Je le répète, mais il y a sur les récènes cette culture du reproche qui est avant tout celle d'un reproche du mensonge que l'on pourrait y faire communauté (alors qu'il n'y a ni affordances discursives, sous la forme d'une métaphore de coprésence, ni affordances pratiques, sous la forme de planification d'événements, d'assignation de tâches, etc.).
[ Digression : Même la portée communautaire d'un salon de discussion est réduite par l'espace à l'écran que prend un message, au profit d'un sentiment un peu artificiel de rapidité des échanges, de réification du salon de discussion (notre intérêt pour son contenu dépassant les limites atteignables par un scroll raisonnable, il devient un sujet constant de frustration et de curiosité, donc de motivation, et aussi, en quelque sorte, “institué” au sens de Berger et Luckmann), et d'un aspect inutilement formel, comme l'emprise au sol des voitures formalise étrangement les rapports urbains, y compris entre piétons…
Inversement à IRC, il n'y aurait donc pas nécessairement de vraie communauté sur Discord ni sur Matrix, ce qui renforcerait (avec le caractère frustrant de son usage, perte de fils et d'informations ou de brouillons, etc.) l'emprise du produit sur ses victimes. ]
Empiéter ici sur les usages échus à IRC ou à un blog, c'est mentir à son audience, c'est nuire aux communautés en ligne et hors-ligne, et comme ici tout le monde publie et tout le monde est l'audience de quelqu'un, tout le monde en veut à tout le monde – y compris soi-même – pour contribuer à ce mensonge.
Nos adolescent·es (dont moi, à cette époque) auraient pu puiser un réconfort face au phénomène endémique du harcèlement scolaire et plus généralement de la maltraitance scolaire et du plafond de verre dans l'art, dans les jeux vidéo, dans les mangas, dans les bandes dessinées ; nous aurions pu créer de petites communautés de passionné·es, de joueur·euses, d'otakus, et y trouver des ressources pour survivre en milieu scolaire.
Mais à la place, on nous a promu les récènes, on nous a donc incité·es à chercher du réconfort dans des infrastructures de maltraitance numérique et de production active et délibérée de haine en ligne, afin de nous empêcher de lire, de nous empêcher d'utiliser le numérique pour se renseigner sur nos intérêts de classe ; et cette quête de réconfort produisait une frustration qui appelait à son tour à une quête de réconfort, en cycle sans fin.
On nous a dévié·es d'une chronologie où l'on prenait progressivement conscience de nos intérêts de classe grâce à l'internet, et ActivityPub y est une réponse, quitte à aggraver les phénomènes de maltraitance scolaire, à faire démissionner l'école populaire de son rôle éducatif (les bourgeois·es s'y étant de toute façon toujours opposé·es), quitte à littéralement tuer des adolescent·es, des enfants de pauvres, de toute façon.
Dans les années 2010, la promotion des récènes, sous forme de publicité dissimulée (aux yeux de l'État, pas des téléspectataires) s'est articulée à une campagne ignoble de diffamation des jeux vidéo, de l'art populaire, ce qui a eu différentes conséquences, dont un biais d'intention hostile, la présomption d'intentions hostiles envers nos pairs…
Ce qui a eu pour effet, effectivement, de dégrader le lien social dans notre pays, de fragmenter notre camp social, le camp de celleux qui bossent.
Et là si on commence à conceptualiser le doomposting, bazinga, on commence à mieux comprendre certains discours sur la « haine en ligne ».
Par exemple, cette double exploitation concerne plus particulièrement les personnes en quête de réconfort, notamment en milieu scolaire, et donc notamment aux élèves exposé·es à des plafonds de verre…