En quoi la diversité des essences permet-elle à un écosystème forestier de mieux fonctionner, de résister aux aléas, d’héberger plus de biodiversité et de mieux protéger les sols ? Est-il possible de favoriser les forêts mélangées pour mieux adapter ces écosystèmes aux conditions futures ? Le point sur les connaissances actuelles.
Par Xavier Morin, directeur de recherche au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, CNRS, pour le 16e numéro de la revue Sesame,
Les forêts occupent une place privilégiée dans les écosystèmes naturels, couvrant par exemple presque un tiers de la surface de l’Europe ou du territoire hexagonal – où près de la moitié des sites classés Natura 2000 sont définis comme forêts. Les écosystèmes forestiers abritent une grande part de la biodiversité européenne et française. Ainsi, la région méditerranéenne possède les écosystèmes forestiers avec la plus forte diversité en arbres et arbustes de la zone tempérée, avec plus de 300 espèces présentes rien qu’en France. Plus généralement, les forêts sont des systèmes socioécologiques complexes qui apportent de nombreuses contributions à l’homme et au vivant en général.
Cependant, comme la plupart des écosystèmes de la planète, les forêts françaises, en particulier métropolitaines, sont de plus en plus touchées par le changement climatique en cours. Celui-ci modifie leur structure, leur biodiversité, altère leur fonctionnement et menace jusqu’à leur renouvellement. Réduire la vulnérabilité et augmenter la résilience des forêts face à des aléas naturels multiples est devenu un objectif central pour la gestion forestière.
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Cet article cherche à présenter l’état de ces connaissances sur les fonctions écologiques et les bénéfices que le mélange d’essences peut procurer, tout en abordant les défis actuels auxquels les écosystèmes forestiers font face.
« Le peuple demande la baisse des prix sur les produits alimentaires » lisait-on sur la banderole de deux manifestantes martiniquaises, lors d’un rassemblement contre la vie chère à Fort-de-France, en octobre dernier. Loin d’être résolue aujourd’hui, la question virulente du coût de la vie en Martinique met en évidence de nombreux enjeux liés au modèle agricole des Antilles et plus généralement des départements et régions d’Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte). Parmi eux, celui de la souveraineté alimentaire, largement évoqué dans l’Hexagone et Sesame 16, mais un peu moins souvent en ce qui concerne les Outre-mer. Où en sont ces territoires à ce sujet ? A quelles problématiques spécifiques sont-ils confrontés ?
Entretien avec Jacques Marzin, chercheur au Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et co-coordinateur d’un rapport sur la transition agricole dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM)[1]. Propos recueillis et mis en forme par Romane Gentil. Cet article a été écrit avant le passage du cyclone Chido à Mayotte ce samedi 14 décembre.
Une info pour le moins inattendue s’est glissée dans le rapport de la grande consultation des agriculteurs menée par The Shift Project. S’y exprime une méfiance (défiance ?) assez forte à l’endroit de la voie technologique pour tenter de surmonter le défi du changement climatique. Paradoxe nouveau dans une profession qui a enchaîné les révolutions techniques depuis qu’elle existe. On met les mains dans le cambouis ? C’est le fil du mercredi…
Rédaction et photo par Yann Kerveno
On aura beaucoup parlé du Shift Project dans le monde agricole ces derniers temps, mais il y a de quoi parce que la somme proposée sur la base d’entretiens qualitatifs et d’une étude ayant recueilli 7 800 réponses (synthèse de travaux épars menés par les chercheurs que personne n’avait faite jusqu’ici ?) ouvre pas mal de pistes et pose tout autant de questions. Plus que la grille de solutions proposée voici trois semaines, c’est bien dans la vaste consultation menée en amont qu’il faut fouiller pour comprendre les ressorts à l’œuvre dans l’actualité agricole, en particulier quand les tracteurs sont dehors. Parce que les questions posées, les thèmes abordés, dressent en creux le portrait que les agriculteurs dessinent de l’agriculture. Et la première des surprises, pour qui n’est pas observateur du monde agricole, c’est que la transition écologique est bien une préoccupation quotidienne dans la grande majorité des exploitations. Ce qui n’est pas une surprise par contre, c’est que la question du prix est le frein principal aux évolutions. Pour résumer, si les prix payés étaient meilleurs, la prise de risque inhérente aux changements de pratiques serait plus facilement assumée. Parce qu’une grande majorité des agriculteurs sont conscients de l’ampleur des problèmes qui les accablent ou les guettent. Voilà pour les grandes lignes.