Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
Dire que les entreprises d'édition de récènes devraient gentiment collaborer avec les universitaires pour que leurs plateformes fassent moins de mal à certaines populations – dépressives, accro à Twitter, 4chan, Reddit, etc. – revient à nier ce qu'il me semble avoir prouvé dans « la maltraitance numérique » : le manque de modération n'est pas une carence, c'est une stratégie monétaire. Les affordances des récènes ne sont pas addictives par manque d'intérêt ou de moyens de ces entreprises ; au contraire, elles sont développées avec beaucoup de soin.
J'en ai parlé à une psy cet après-midi elle m'a dit « dopamine », non Madame, le like reconfigure le cerveau de manière positive, on le sent, comme on sent quand notre corps est fatigué, stressé, quand on a mal au cœur ou aux reins. Le système d'enseignement et de transmission des connaissances est médiocre ; les universitaires ne lisent pas toujours, loin de là, les livres les plus pertinents pour leur objet de recherche ; les études ne sont pas seulement déformées par les journalistes mais aussi dans leur cadrage même.
À mon humble avis, une meilleure formulation serait que l'internet ferait du bien aux jeunes malgré le caractère prédateur des récènes. À petite dose, le like fait du bien au cerveau, mais les récènes sont conçus pour coller certaines personnes à leurs écrans, ce qui les empêche de remplir leurs responsabilités scolaires, professionnelles, familiales, et domestiques, ce qui leur fait du mal.
« Yet Another Massive Study Says There’s No Evidence That Social Media Is Inherently Harmful To Teens ».
Oui, les récènes font du bien aux jeunes. Parce que l'internet fait du bien aux jeunes. Parce que parler à des gens fait du bien aux jeunes. Il n'y a rien de passionnant là-dedans, cette idée n'est pas novatrice.
Bref, on a des personnes victimes de maltraitance, scolaire ou autre, constamment inquiètes de mal se comporter, et confrontées à un plafond de verre dans un contexte de productivisme informel, celui de la délicatesse, de la pudeur, de l'intérêt sincère et au bon moment, faisant toute la différence entre unn licenciéé de sociologie au McDo et unn autre au Hardrock Café, qui par empathie, par don de soi, pour transmettre à autrui ce qui leur a manqué, font remarquer à leurs pairs, dans le langage que ce média impose à leurs esprits pauvres en informations et donc dépendants d'infrastructures symboliques, autrement dit influençables, qu'iels devraient mettre des content warnings, ou des descriptions d'images, pour être bien perçuus – quitte à s'oublier et à menacer à demi-mots, par irrationalité, par désespoir, certaines personnes d'entacher leur réputation ; des cas en réalité rarissimes, mais déformés par la popularité de leurs victimes qui reçoivent mécaniquement le plus fréquemment ce genre de messages, des influenceureuses comme Matt Blaze.
(Le style est aussi un enjeu de succès sur les récènes ; un style accusateur, qui tend à la stérilité. Publier à l'intention de ce public implique toujours des compromis entre un style universitaire parfois qualifié d'ennuyeux et une personnification de problèmes systémiques, envers lesquels on emploierait des qualificatifs de destruction/dégradation matérielle ; par exemple, « brûler ». Mais je n'ai pas grand-chose de plus à dire sur cette tendance à distribuer les bons et les mauvais points. Ce sont simplement des personnes vivant avec la terreur constante de mal se comporter, des personnes qui pourront rentrer la tête et dire « désoléé » pour avoir pris un ticket de caisse trop vite des mains d'une caissière, et j'ai déjà vu des personnes que j'aimais faire ça. Les stigmatiser est une abjection de plus dans un monde qui tend désormais à la saturation.)
(Je m'égare mais c'est aussi la différence entre un billet de blog à 300 vues et un billet de blog à 3 vues, pour transmettre des idées il faut donner envie ; « les locutaires font la langue » mais seraient donc légitimes à employer des mots comme « basiquement » ou « gênance » est une idée un peu naïve.)
(Ce qui distingue unn normalienn d'unn sociologue de Paris 8 ou de l'EHESS, c'est avant tout la clarté et la qualité de son style, la pertinence de ses exemples, en quelques mots la capacité de capter l'intérêt de sæ lectaire, d'enseigner et donc, dans une relative mesure, de commander.)
(Pardon ma chienne a marché sur ma touche entrée, je voulais dire que la fameuse analyse de Linguisticae sur le sujet était accusatrice et sociologiquement aberrante, sans rien apprendre d'autre en linguistique que la détermination de la langue par les locutaires. Ce simple commentaire, indigne d'une note de bas de page, renvoie toute question de style – clarté, satisfaction de læ lectaire – à du subjectif, ce qui est ridicule non seulement car le subjectif peut être objectivé, la densité en affordances est évidemment subjective et dépend de l'expérience de læ lectaire, voire de sa maîtrise de certains codes, mais en plus du point de vue du concours de l'ENS, qui semble en faire un critère de sélection.)
Je me suis rendue compte que les personnes qui pouvaient dire aux gens ce qu'iels font de bien ou de mal… manqueraient elleux-mêmes de ce genre de retours. Ce serait inconsciemment le cas pour les personnes dites « grammar naziis »¹, tellement incapables d'agir « correctement » qu'iels projetteraient ce manque de retour dans ce que l'on pourrait considérer comme l'atome du langage, la lettre ; mais aussi pour le « HOA Mastodon ».\
haunt représente donc la manière sans doute la plus simple d'importer mes billets de blog du format Skru vers les formats HTML/CSS (communs), Gemini (plus accessible), et PDF (téléchargeable/imprimable). Je pourrai partir d'un thème très simple, avec des notions de conception web inexistantes, et implémenter itérativement les éléments dont j'aurai besoin (en-têtes, pieds de page, navigation, etc.). 5/5
Ensuite, git, un outil que vous devriez savoir utiliser. Git permet de télécharger un projet et l'historique de ses modifications, et donc de collaborer sans connexion internet. Si vous avez déjà eu des problèmes de connexion internet, vous vous rendrez facilement compte de l'intérêt que ça peut avoir pour des étudiants africains dont les netbooks, sous Windows 7, n'ont pas de support wifi. Ce logiciel s'interface avec haunt en permettant notamment l'exécution de scripts avant l'inscription des modifications dans l'arborescence, me permettant de vérifier que chaque page web correspondra à des fichiers Gemini et PDF ayant le même chemin ; de la sorte je pourrai inclure un lien en en-tête de chaque billet pour l'exporter au format PDF. 4/5
Ce langage sera grosso modo Org-mode, sauf qu'en plus d'une syntaxe [[URL][nom du lien]], on aura une syntaxe [[URL][nom du lien][classe HTML]]. Comme je construirai mes propres exporteurs, je les configurerai pour ignorer le troisième élément vers les formats Gemini et LaTeX. Pour le format Skru vers HTML, en revanche, ça devrait me simplifier la tâche. 3/5
Pourquoi Skru ? Parce que c'est drôle. Je ne sais pas si vous avez suivi, mais le projet GNU ne se prend pas trop au sérieux. C'est la différence entre les libristes et l'_open source_ : on est là pour faire communauté, dire qu'il faudrait appliquer la preuve de travail à Bernard Arnault puis dire « ah, mais vous êtes des _gauchistes_ ! » d'un air faussement dégoûté ; on est là pour prendre soin les unns des autres, se dire de pas se mettre trop de pression, faire des blagues à la con comme par exemple, nommer un langage de markup « skru ». 2/5
La conception de mon prochain blog passera par haunt, un générateur de sites web statiques codé en Scheme ; git ; et un nouveau format basé sur Org-mode, Skru. 1/5
ActivityPub est isomorphe, les usages restent à inventer : tu veux inclure un événement dans un langage commun à ton communiqué syndical ? Alors des logiciels de calendrier implémentant l'API ActivityPub (pas Mastodon) pourraient s'abonner à ton flux et ajouter l'événement.
Ce n'est qu'un exemple un pauvre, j'en ai d'autres ! Mais ActivityPub est isomorphe.
Cela dit en passant, quand on parle d'emails on parle d'un workflow, pas d'un protocole. On parle d'ActivityPub parce que le workflow n'existe pas encore vraiment et qu'il n'a pas encore de nom. (J'appelle ça des “isos”.)