Blogueuse. Usages du syndicalisme et des logiciels libres contre le terrorisme d'État. Conscience de genre et solidarité de classe. Ségrégation raciale, salariale, et surproduction de masse.
La règle simple pour générer de la dopamine L’une des astuces d’Olivier Courtin-Clarins pour cultiver cet optimisme (“Être optimiste, ça se travaille tous les jours”, dit-il) est de “s’offrir des moments de plaisir trois fois par jour”. Il s’agit de choses simples qui contribuent grandement au bien-être : cuisiner, tenir un journal, faire un câlin de 30 secondes, prendre un bain, boire un café sans rien faire d’autre (en solitaire ou en pratiquant le fika, la coutume suédoise qui consiste à s’arrêter pour prendre un café en compagnie de ses proches). Ou encore danser “trois minutes sur votre chanson préférée”. Cette recommandation s’appuie sur la méthode partagée par Florence Servan-Schreiber dans son livre 3 kifs par jour (éditions Marabout). Et Olivier Courtin-Clarins le résume ainsi : “Notez, pensez et rappelez-vous trois choses qui se sont passées dans la journée. Cela permet de faire le tri dans les pensées, de voir le verre à moitié plein et de stimuler la sécrétion de molécules de bien-être.”
Auto-promo (re: mobilisation des profs contre la réforme du choc des savoirs)@Julie_ Pardon mais à ce propos, je te partage ce billet écrit vers 4h du matin en étant en retard sur ma prise de médocs
TW viol (je parle du rasoir d'Ockham, mais je prends un exemple)Je rappelle que le rasoir d'Ockham énonce que les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité.
Il ne dit pas que l'hypothèse la plus parcimonieuse serait la plus vraisemblable. C'est votre interprétation.
Il dit encore moins, comme le suggère un prof dont je tairai le nom, qu'il faudrait privilégier les explications les plus parcimonieuses et éliminer la complexité théorique non-nécessaire. Ça c'est un énorme multiple ptdr.
Par exemple, si l'on reçoit un témoignage pour viol, le principe de précaution recommanderait à un·e DRH naïf·ve de faire attention à ne pas détruire la réputation de l'employé·e accusé·e, et de procéder avec précaution. Une forme de solidarité masculine ou de sexisme intériorisé conduirait ensuite à permettre au violeur présumé de se défendre, puis d'écouter la version de la victime présumée.
Puis on apprend qu'une quantité infime (je n'ai pas les chiffres en tête) des accusations de viol sont mensongères, et que parmi les accusations véridiques seul un tout petit nombre de violeurs sont condamnés (notamment au nom du respect de la présomption d'innocence mais aussi d'une culture du viol et d'une forme de solidarité des policiers et des juges masculins envers les violeurs, comme si ça pouvait leur arriver). On écoute donc la victime en premier car l'hypothèse d'une accusation mensongère serait un multiple, elle ne serait pas pertinente avant d'avoir de sérieuses raisons de douter de sa version.
Pour moi, appliquer le rasoir d'Ockham revient à dérouler tout un raisonnement, à partir des informations dont on dispose, et à identifier tous les multiples utilisés sans nécessité. Le terrme de “multiple” me paraît être justement défini dans cet axiome, il en propose lui-même une définition : une partie d'un raisonnement non évidente et non-vérifiée par manque de données.
L'idée, dans le second exemple au tout début du billet vers lequel je propose un lien, selon laquelle un champignon ne serait pas vénéneux est un énorme multiple, potentiellement mortel ; il faudrait au moins l'avis de mycologues avant de le consommer.
C'est aussi un principe stylistique, de conception de blogs, etc. : cette double négation est-elle pertinente ? Ce CV a-t-il besoin d'une photo ? Mon blog a-t-il besoin d'un pied de page ? (Prot, le développeur de Denote, rejoint cette idée sur la prise de notes avec Emacs : protesilaos.com/codelog/2024-03-22-re-advice-emacs-note-taking/ – c'est en anglais mais c'est aussi une bonne lecture, via l'excellent Irreal irreal.org/blog/?p=12061.)
Christophe Giraud est sociologue. Chistophe Giraud a écrit “Apprendre la sociologie par l'exemple”, ça lui a pris du temps, pour répondre à un besoin réel, qu'il constate en donnant cours et qu'il a peut-être constaté pendant ses propres études.
Denis Colombi veut juste faire semblant d'avoir une HDR, en profitant du fait que le métier de sociologue est à marché ouvert (vous avez autant le droit de vous dire “sociologue” que de vous dire baron·ne en Écosse, ce serait très embarrassant mais ce ne serait pas illégal).
Vulgarité sur des démarches d'écriture de livres en lien avec le milieu académiqueJe ne supporte pas les auteurs (toujours des HSBC) écrivant des livres pour le principe d'écrire des livres. On doit naviguer entre des autaires écrivant des livres en considérant qu'ils répondraient à des besoins réels chez des lectaires, des besoins auxquels les livres déjà écrits ne répondent pas, et – pardonnez la vulgarité – des autosuceurs comme Denis Colombi ou Nicolas Framont.
“Les flux RSS auraient empêché ce génocide, alors quelle est ton excuse ?” (6/6)La norme RSS n'est pas seulement très puissante ; créée par un Aaron Swartz encore adolescent et littéralement mort pour son œuvre de partage de connaissances, elle est littéralement révolutionnaire. De nombreux sites web et blogs sont déjà compatibles et des gens meurent parce que tu ne t'en sers pas. Alors quelle est ton excuse ?
@debugpoint Hi, your publication on RSS readers was by far the most complete and the most interesting I've read yesterday for my blog post. I precisely needed to test as many RSS readers as possible to report in good faith that no one was as feature-complete as Elfeed, and unfortunately – it's part of Emacs, which has a steep learning curve – I haven't found one. I could test each of them, move along, and get things done. Thank you so much!
“Les flux RSS auraient empêché ce génocide, alors quelle est ton excuse ?” (5/6)Le second est un générateur de sites web statiques, dont en principe totalement accessibles, totalement scriptables et regénérables à la volée, à partir d'une même base de fichiers, ce qui en fait un excellent modèle pour réussir, avec Emacs, son défi #100DaysToOffload (je recommande le thème Paperesque pour Hugo). Or, contrairement à Hugo dont chaque thème a son propre fichier de configuration, Haunt est composé de convertisseurs d'un format à un autre, pouvant être modifiés et appelés dans un fichier de configuration en Guile Scheme ; il resterait à concevoir le CSS mais c'est un moteur extrêmement puissant dans la mesure où il permettrait par exemple assez facilement l'export d'événements insérés nativement dans le format Org-mode (par exemple d'appels à manif) vers les formats HTML et XML (ou, par exemple, XHTML). Toute cette pile est exclusivement anglophone, la documentation de git est traduite en français mais c'est à peu près tout ; il reste donc à proposer une interface graphique suivant les HIG du projet GNOME, conforme aux standards du cercle d'applications tierces de qualité, et livré par défaut avec des fonctionnalités de conversion natives, une compatibilité git, etc. L'enjeu reste, je le rappelle, de pouvoir générer un site web statique à partir de tous les fichiers dans un dossier donné – mais aussi de pouvoir générer des flux RSS ou des documents PDF par entrée et par mot-clé.
“Les flux RSS auraient empêché ce génocide, alors quelle est ton excuse ?” (4/6)L'écosystème des flux RSS a longtemps été détérioré par WordPress, qui par défaut les limites à 50 mots, à des fins purement économiques (la consultation des sites web permet d'afficher des publicités et de revendre nos données personnelles à des data brokers). On doit abandonner ce logiciel, développer l'écosystème RSS autour d'alternatives plus saines, comme Ghost et Haunt.
Le premier est un CMS permettant la génération de chaque page web consultée et donc la mise à disposition de contenus sous paywall. Un abonnement Ghost Pro coûte environ 9 €/mois, tandis qu'un bon thème coûte entre 50 et 150 €, de manière définitive. C'est un logiciel libre, et une bonne offre pour qui souhaite monétiser ses publications, par exemple à travers un système d'abonnements, une excellente base de connaissances publique pour se lancer, et des thèmes de qualité professionnelle¹.
Entre la puissance d'un CMS professionnel, onéreux, et fortement concurrentiel comme Ghost et ce qui suit s'insèrent des alternatives plus accessibles et plus communautaires, comme Write.As et Plume, la première permettant notamment d'héberger son blog sur son propre nom de domaine, tandis que la seconde serait plus communautaire et permettrait à mon avis d'accéder plus facilement à de nombreux blogs de bonne qualité². J'y fais toujours de bonnes découvertes, que j'ajoute à mon lecteur de flux.
“Les flux RSS auraient empêché ce génocide, alors quelle est ton excuse ?” (CW unpopular opinion) (3/6)Une bonne blague sur Mastodon n'est lue que par un agrégat d'individus atomisés et plus isolés que des paysans parcellaires, incapables de s'assembler pour défendre leurs droits, en tant que travailleur·euses numériques, et ne serait-ce que pour apprendre à sauvegarder correctement le contenu de leurs disques durs. Partie de rien pour arriver nulle part, elle provoquerait plus une crispation qu'un rire que l'on saurait partagé, car issu d'un contexte et de contenus lus par un groupe de personnes donné et identifiable – on saurait qu'untel réagirait de telle manière et donc, par exemple, que l'on pourrait y faire référence plus tard. On rirait de bon cœur avec autrui, à des milliers de kilomètres de distance peut-être, mais renchérissant et nourrissant une bonne blague pendant un petit quart d'heure. L'ambiance, m'a appris Denis Cerclet, est quand les corps sont en confiance et se mettent à agir ensemble ; mais sur le microblog, il n'y a pas d'« ensemble », il n'y a plus que des corps individualisés ponctuellement parcourus de spasmes. Avec des flux RSS, je considère au contraire que l'« ensemble » prendrait corps dans les syndicats et dans la rue ; bref, que nous serions inéluctablement une classe en soi et pour soi, défendant ses intérêts mais aussi ses valeurs avec plus de convictions que les sempiternels appels à la répartition des richesses ou aux grands soirs – tandis que, les yeux rivés sur nos écrans, dressé·es à un rapport social indivdualiste et égoïste, nous ne militons que pour défendre nos propres intérêts, faisant de toute convergence des luttes une corvée et toute revendication internationaliste une lubie.
“Les flux RSS auraient empêché ce génocide, alors quelle est ton excuse ?” (2/6)Une bonne démocratie repose sur une bonne circulation des informations. C'est pour ça que ce qui deviendrait la CIA recommande, pour empêcher une organisation de fonctionner, de :
1. faire des discours, parler de grandes valeurs, recourir à des anecdotes personnelles,
2. détourner l'attention sur l'élaboration minutieuse de chaque action décidée, plutôt que sur des prises de décisions concrètes,
3. demander si nous n'empiétons pas sur les prérogatives de tel autre groupe en agissant ainsi, etc.
L'enjeu est bien celui d'une infrastructure de communication privée ou publique. L'enjeu est bien celui de bases de données ouvertes, indexées, ou fermées, dont la consultation dépendrait d'un algorithme de recherche opaque et propriétaire. L'enjeu est bien celui de pouvoir télécharger, trouver, et trier des publications grâce à un système de titres et de mots-clé pertinent, plutôt qu'à travers un système de hashtags appliqués à des publications de 140 signes. L'enjeu est donc celui de nos mécanismes de fédération, soit décentralisés – en consultant autant de fichiers XML que voulu, sur autant de protocoles que nécessaire, afin de mettre en ordre, littéralement, les publications selon leur date de publication –, soit centralisés et au final, complètement insignifiants.
“Les flux RSS auraient empêché ce génocide, alors quelle est ton excuse ?” (CW cours de sociologie, politique) (1/6)Je suis actuellement un cours donné à Lyon 2 par le plus beau des hommes, je veux bien évidemment parler de Michel Peroni, maître de conférences rattaché à l'UMR 5283, sur l'espace public, en tant qu'espace de circulation ou de communication. Suivant Isaac Joseph, on nous apprend que la rue serait un espace public de circulation, tandis que la presse, par exemple, s'exprimerait dans un espace public de communication ; les manifestations étant alors un usage de la rue comme espace public de communication, mais sur dérogation – après la négociation du dépôt du parcours de la manifestation.
Pour le dire clairement : les flux RSS sont à l'internet ce qu'une manifestation est à l'espace public. Publier sur un blog ou dans un média doté d'un flux RSS fonctionnel est un acte militant en soi car (1) ça permet de mieux hiérarchiser nos médias, (2) ça promeut les flux RSS, (3) ça rend les informations les plus pertinentes immédiatement accessibles.
Si tout le monde utilisait les flux RSS, la notion même de génocide deviendrait obsolète car le public en serait très rapidement informé, et ne ferait que prolonger dans la rue la pratique que serait la consultation de son lecteur de flux RSS. Mieux, le public serait informé des tenants et des aboutissants de notre rapport au travail, des liens entre son contrat de travail, la consommation de masse, la délocalisation, et le fait que 16 % des ouvrièr·es assemblant des iPhone se sont déjà évanoui·es sur leurs lieux de travail. Ce n'est pas de la culpabilisation, c'est un exemple : si nous étions mieux informé·es de notre implication dans un mode de gouvernance contribuant à des violations des droits de l'Homme, et des moyens de les défendre (par exemple en se syndiquant), nous serions furieux·ses. Nous serions sans doute des millions dans la rue, bien informé·es, à demander l'annulation de la dette africaine, la relocalisation de la production de nos téléphones et de nos vêtements, une forme de socialisme autogestionnaire ou de municipalisme, etc. Mais non, on utilise Instagram et c'est pour ça qu'on va tou·tes y passer.
Je n'aime pas être une mauvaise payeuse et encore moins auprès d'une coopérative (raison pour laquele j'ai la courtoisie de ne pas utiliser leur service, afin de ne pas leur prendre de ressoruces). Mais à ce stade, le (non-)renouvellement de mon AAH devient une blague.
Contenu un peu clivant un peu tard le soir, allez dormir uwu - CW pornographie, violences pornographiques (3/3)Cela dit en passant, je ne suis pas sûre que le fait qu'un homme voie une femme se faire prendre par les cheveux pendant un creampie à 17 ans ou à 21 ans change grand-chose, mais bon.
Je ne veux pas dire par là que les TDS feraient mal leur travail mais que si iels pouvaient être payé·es ce serait pas si mal.
Sinon suivez.@khalamite sur Instagram, elle est cool ! Et je dis peut-être ça car je serais ace, ça + la culpabilité de consommer des contenus téléversés d'on ne sait où en fait une expérience très 2/10 pour moi. Mais on sait aussi gue la pornographie gratuite est dans une forme de surenchère en elle-même problématique
Contenu un peu clivant un peu tard le soir, allez dormir uwu (2/3)Tu donnes à chaque citoyen·ne français·e une clé de sécurité biométrique dans le style de YubiKey, en matériel ouvert, avec une enclave pour un identifiant numérique unique associé à ton identité ; ou mieux, contenant des informations pré-enregistrées par l'État français (notamment la date de naissance), tu enregistres tes empreintes digitales à la mairie, et paf, c'est réglé